L’Appel de Cthulhu : Terreur sur l’Orient Express

Alexander ABRAM loge au Ritz à Londres. Il doit se rendre au British Museum où aura lieu l’inauguration de la collection Alfred Maudslay (archéologue renommé). Il s’agit d’une collection prestigieuse des recherches d’Alfred, objets mexicains et mayas pour l’essentiel. Je m’y rendrai non armé, la législation britannique n’autorisant pas, comme aux USA, le porte d’arme.

Mardi 01/01/1923, 13h30 : je me rends au musée en fiacre, pour l’inauguration de l’exposition proposée exceptionnellement un jour de l’an.

Carnet de notes et stylo en main, je fais le tour des objets à la recherche de ceux qui seraient susceptibles d’inspirer des décors pour un prochain tournage de ma sœur.

Le professeur Julius Arthur Smith est présent. J’avais fait sa connaissance lorsque j’exerçais en tant que saltimbanque à Londres. Il se porte bien. Il discute avec un homme qu’il semble bien connaître également puisqu’ils conviennent de dîner au restaurant le soir même. Il m’aperçoit alors, nous sommes heureux de nous rencontrer après de si nombreuses années. Il me présente son ami, Arthur Donovan, un riche héritier américain qui réside en ce moment dans sa résidence londonienne. Se joint à nous Samuel Victor que le professeur connait aussi. Samuel est un antiquaire belge qui tient une boutique à Londres, mais il fait tout pour obtenir une mission digne des plus illustres archéologues. Enfin il interpelle un journaliste du Times, Anselme Delacroix, lui aussi une connaissance qu’il n’hésite pas à flatter en affirmant que plus qu’un journaliste, c’est un excellent écrivain. La bonne humeur fait que nous acceptons tous son invitation à dîner, rdv 20h au fameux Holborn.

Nous nous présentons les uns aux autres :
– Arthur est élégant, petites lunettes et fines moustaches, la trentaine. Le regard charmeur.
– Samuel est grand, mince, cheveux brun, petites lunettes, nœud papillon. Il a l’air sympathique.
– Anselme est également assez grand, mais il est beaucoup moins élégant que les autres même s’il apparaît raffiné. Barbe de 3 jours, il a l’œil étincelant. Petit accent français mais il reste facile à comprendre.
– Je me présente à mes nouveaux camarades.

Nous faisons le tour de la collection ensemble, n’hésitant pas à échanger sur les objets que nous apprécions bien (et dont je tente de faire quelques croquis rapides) et même sur les objets dont nous ne comprenons pas vraiment la raison de leur présence dans cette collection.

Un salle reconstituant la scène d’un sacrifice nous met mal à l’aise. Victor semble moins impressionné que les autres car il n’ignore pas ces pratiques tribales… cannibales.

Nous quittons le musée vers 19h, et nous rendons tranquillement au restaurant sous une pluie fine qui imbibe mon chapeau de feutre. Nous profiterons de notre avance au rendez-vous pour faire plus ample connaissance.

Le professeur Smith a réservé un box qui permet de s’isoler quelque peu du reste de la clientèle. Je profite que la prohibition ne sévit pas dans l’Empire pour commander une vodka-martini avec une olive… au shaker, pas à la cuillère!

Heureusement que nous discutons avant l’arrivée du professeur, car lorsque je m’enquis sur son épouse Margaret, Anselme me précisa que celle-ci était décédée il y a quelques années. J’aurais pu faire une énorme gaffe!

Le professeur Smith arrive et se joint à nous. Il commande un excellent Saint-Emilion. Nous dînons royalement.

Nous échangeons évidemment sur la collection. Le professeur profite de la soirée pour nous inviter à la conférence qu’il donnera dans deux jours, le 03/01, à la fondation Challenger. Il s’agit d’une fondation semi privée subventionnée par la famille royale. Elle promeut l’érudition et le progrès technologique. Les soirées sont généralement sur invitation. Elle a déjà accueilli les plus grands personnages de ce monde, parmi lesquels Marie Curie, Guglielmo Marconi, Ferdinand Von Zeppelin et tant d’autres. Le thème de la conférence du professeur Smith portera sur des sujets « sensibles et sceptiques » (?!).

Beddows, le majordome du professeur, était présent tout au long de la soirée, attendant patiemment, et discrètement aussi il faut bien le dire, dans le hall du restaurant. Depuis le décès de Margaret, la remarquable épouse d’Arthur, Beddows s’est occupé d’absolument tout ce qui a tourné autour du professeur. Un véritable homme à tout faire. Remarquant la présence du majordome, Arthur demande si le professeur ne pourrait pas lui présenter quelqu’un qui pourrait lui servir de valet. Une liste de recommandations lui sera donnée à l’occasion de la conférence.

Le professeur nous quitte, nous précisant qu’il se couche tôt depuis qu’il a perdu sa tendre et regrettée épouse. Il a même arrêté de fumer le cigare, mais compense en chiquant, ce qui n’est pas très élégant à mon humble avis. Nous nous quittons tout en nous donnant rdv pour nous retrouver à la fondation Challenger avant le début de la conférence du professeur, alors qu’Arthur promet de passer visiter la boutique de Samuel dès le lendemain.

02/01: je profite de mon temps libre pour acheter un parapluie, puis écrire une lettre à ma chère sœur dans laquelle je lui décris mes nouvelles connaissances (un héritier américain, un journaliste/écrivain français, et un antiquaire belge, je suis fasciné par ces nouvelles rencontres). Après avoir posté ma lettre, je prends le temps de bien me déguiser, et me rends chez l’antiquaire pour vérifier mes capacités à passer inaperçu. Je trouverai bien une excuse si on me reconnait: l’art du déguisement c’est de l’humour russe, et je dois m’entraîner régulièrement pour bien jouer mes rôles de figurant dans les films de ma sœur.

Mercredi 03/01, 20h : nous nous retrouvons à la fondation Challenger qui se trouve à l’institut impérial de Kensington.

Dans l’attente du début de la conférence, les conversations tournent autour de sujets assez ésotériques, mais de nombreux auditeurs sont manifestement là « pour le spectacle »: le professeur est réputé pour son scepticisme rigoureux, il a par le passé démasqué en public de faux prophètes, des médiums véreux et autres charlatans.

Le professeur donne une conférence remarquable, dans laquelle il aborde la thématique des sites hantés en donnant de nombreuses anecdotes. Notamment, un site hanté peut faire référence à un lieu certes, mais aussi à un objet ou encore une personne! Quelques diapositives sont également projetées. Ce sont ces preuves tangibles qui me font douter, et mon scepticisme premier n’aurait pas pu être embrouillé avec la lecture seule. La démonstration est passionnante, remarquablement documentée. Je lui ferai remarquer, sagacité cynique de mon éducation russe oblige, dès que l’occasion m’en est donnée à l’issue de la conférence, qu’à tenter d’expliquer l’inexplicable nous finirons par excuser l’inexcusable! Le professeur voit les choses de façon bien différente, en fait à l’opposé de moi. Probablement un problème de perception lié à nos éducations si différentes. Je suis pourtant quelqu’un de très cartésien même si les expériences occultes de ma mère et de ma sœur ont quelque peu émoussé ma logique, et ouvert ma curiosité.

Un individu moustachu d’une 30aine d’années apparait, mais il s’éclipse dès que nous le remarquons. Je suis persuadé qu’il s’agissait d’un étranger!

le professeur nous invite à le rejoindre à l’Oriental Club lundi soir prochain. Il s’agit d’un cercle de gentlemen accès sur l’orientalisme, et probablement s’autres activités plus ésotériques, voire occultes.

Nous allons discuter entre nous de la conférence autour d’une pinte au pub du coin.

Je quitte mes amis qui semblent bien partis pour profiter des bonheurs que peut offrir une nuit à Londres. Avant de me coucher, je prends le temps de reprendre mes notes sur mon calepin, en précisant les éléments les plus remarquables de la conférence.

Samedi 05/01, 11:30 : le journal annonce la « mort d’un homme trois fois en une seule nuit »! L’article précise que 3 corps ont été retrouvés, tous portant la même identité, M. Mehmet Makryat d’Islington. Tous trois ont été poignardés en plein cœur.

Options:
– trouver le vrai Mehmet Makryat, commerçant en art et en antiquités turques, s’il est encore en vie… d’ailleurs le moustachu remarqué fugacement à la conférence pourrait bien être un Turc!
– se rendre sur le lieu des crimes (une chambre de l’hôtel Chelsea), fouiller la chambre et en profiter pour interroger les femmes de chambre
– rendre visite à l’inspecteur Fleming de Scotland Yard en charge de l’affaire
– et bien sûr, interroger le professeur Smith sur la possibilité d’une mort simultanée d’une même personne dans 3 espaces éthérés différents si j’ai un tant soit peu compris quelque chose à sa troublante conférence… nous devrions le revoir dans deux jours à l’Oriental Club.


J’en ai fini avec mes affaires privées et je rejoins mes amis non sans quelques difficultés pour les retrouver.

Nous sommes dimanche soir 07/01 dans le salon d’Arthur. Ils m’expliquent ce qui s’est passé durant mon absence: incendie chez le Professeur Smith, entretien à Scotland Yard, disparition de Beddows qui finalement réapparaît avec Smith mortellement brûlé, etc. Smith a évoqué un complot turc et a demandé de retrouver un artefact occulte et maléfique, le « Simulacre de Sedefkar », démantelé et éparpillé en plusieurs morceaux dans toute l’Europe:
– à Paris (France) où un noble, le comte Fénalik, aurait conservé un fragment à sa disposition
– à Venise (Italie) où des soldats de Napoléon qui détenaient un morceau l’y auraient égaré durant la campagne d’Italie
– à Trieste (Italie) au musée, Johann Wincklemann
– à Belgrade (Croatie) où nous devrons contacter le conservateur de musée national, le Professeur Milovan Todorovic ami de Smith
– à Sofia (Bulgarie) un morceau possiblement enterré quelque part pour le cacher à l’envahisseur
– à Milan (Italie de nouveau, bizarre) où il s’agira de retrouver un collectionneur qui en aurait fait l’acquisition.

Il nous faudra, une fois tous les fragments rassemblés, les emmener à la « mosquée désertée de Constantinople » et leur appliquer le rituel décrit dans un document intitulé « le parchemin de Sedefkar« .

Il est conseillé de suivre le parcours de l’Orient Express, dont le départ est prévu lundi 08/01 matin depuis Londres. Comme nous n’avons pas terminé nos recherches à Londres, nous décidons alors de faire le trajet Londres Paris en dirigeable mardi pour être présents pour les formalités de pré-embarquement prévues le 10/01.

L’Orient Express nous mènera de Paris à Constantinople (qui ne s’appellera pas Istanbul avant encore quelques années) en passant respectivement par Milan, Venise, Trieste, Belgrade, et Sofia.

D’ici là nous disposons d’une journée pour finir nos affaires sur Londres:
– Anselme a besoin de passer au Times pour décrocher, auprès du rédacteur en chef, la rubrique « autour du monde »
– Arthur et moi souhaitons faire quelques recherches sur le simulacre de Sedefkar… mais il nous faudra rester discrets et prudents pour réaliser ces recherches! Je ne comprends pas encore vraiment pourquoi, mes amis auraient-ils été imprudents durant mon absence? Nous devrons donc bien sélectionner les personnes susceptibles de nous aider pour ne pas attirer l’attention.

Profitant du décalage horaire, je téléphone à ma sœur qui se trouve à Los Angeles pour lui demander si elle n’aurait pas quelques pistes à me conseiller sur l’occultisme, l’une de ses passions, d’une part à Londres où je me trouve actuellement, d’autre part à Paris qui sera ma prochaine étape. Elle m’oriente vers la bibliothèque du British Museum à Londres, puis vers la Bibliothèque nationale à Paris. En revanche, elle ignore tout d’éventuels clubs d’occultisme dans ces deux villes.

Samuel nous rejoint juste avant de passer à table. Nous l’informons de nos plans pour le lendemain.

Alors qu’Anselme nous fait part de ses inquiétudes sur le fait qu’il ressent déjà une menace peser sur nos épaules (j’en étais sûr, mes camarades ont vraiment été imprudents et ont certainement manqué de discrétion), Arthur aperçoit par la fenêtre 2 voitures garées sur le trottoir en face de son appartement, attirant son attention en jouant de leurs phares comme s’il s’agissait d’un code de communication. Arthur éteint les lumières. 4 hommes sortent des véhicules et se dirigent vers l’appartement. Je me rends à l’étage du dessus avec Anselme, nous y serons mieux pour surprendre nos visiteurs s’ils parviennent à pénétrer dans l’appartement d’Arthur. Comme je m’y attendais, les 4 hommes se sont séparés en 2 groupes: le premier monte par l’escalier pendant que le second prend l’ascenseur. Ils approchent, mais ils ne savent pas que nous les attendons, et que nous sommes correctement armés.

Les 4 hommes pourraient être des Turcs si l’on en juge par leur teint, leurs moustaches, et les armes que portent deux d’entre eux: des copèches (?connais pas), sortes de cimeterres. Ils se retrouvent sur le palier. Ils ne semblent pas amicaux du tout, et sont armés de revolver pour certains et des fameuses lames courbées pour les autres. L’un d’entre eux tente de crocheter la porte. Leur posture me confirme que nous avons affaire à des hommes accoutumés aux « opérations spéciales ». Face à la résistance de la porte, ils décident de la faire sauter à l’explosif! Arthur, qui se trouvait derrière la porte, est projeté à plusieurs mètres, il chute, blessé. Je profite du grabuge pour sortir de ma cache et tire sur l’un des homme qui me fait face, le touchant. Arthur reprend ses esprits, tire et touche aussi un homme, celui qui se tient dans l’encadrement de la porte. Un 3ème homme court vers le salon où se trouve caché Samuel. Le 4ème homme me tire dessus et me touche gravement à l’épaule! Anselme tente d’assommer l’homme que j’ai blessé du pommeau de sa canne épée. A mon tour, je riposte sur l’homme qui m’a touché, mais mon état m’handicape et je le rate. Arthur tire 3 nouveaux coups sur son adversaire qui s’effondre. L’arme de l’homme qui m’a touché s’enraye lorsqu’il vise Anselme qui arrive à achever l’homme que j’avais initialement blessé. L’homme dans le salon s’affaire, on entend du bruit de vaisselle cassée, il cherche quelque chose. C’est à mon tour de tirer: je fait mouche sur mon adversaire et lui loge une balle dans le cou. Il s’effondre. Il ne reste plus alors qu’un seul homme valide, celui du salon, armé seulement de sa larme, mais ne semble pas s’être rendu compte que ses compères été tombés. Arthur s’approche de lui et parvient à le surprendre. L’homme lève les mains en l’air, il esquisse un sourire en coin, plonge au travers de la fenêtre et se fracasse au sol 3 étages plus bas.

L’adrénaline du combat retombe et je ressens la douleur à l’épaule. Je m’adosse au mur. J’applique maladroitement ma main valide pour tenter de stopper l’hémorragie, mais manque de m’évanouir. Anselme me porte les premiers secours, mais sa compression me fait encore plus mal! Arthur appelle la police en lui demandant d’intervenir d’urgence et en précisant qu’il y a un homme gravement blessé.

Une sirène retentit, les secours arrivent… je suis pris en charge par un urgentiste qui extrait la balle de mon épaule sur place car il n’y a manifestement pas de temps à perdre pour arrêter l’hémorragie. 2 inspecteurs de police veulent s’entretenir immédiatement avec Arthur. Il arrive à les convaincre que nous étions en légitime défense, et obtient qu’une surveillance rapprochée de son appartement soit mise en place dès cette la nuit. Arthur fera venir demain, à la 1ère heure, le meilleur médecin de la ville.

Une chose est dorénavant bien certaine: il ne va pas falloir trainer à Londres et y agir discrètement jusqu’à notre départ.

Petit déjeuner. Mon médecin arrive pour me refaire le pansement, il faut reconnaître qu’il n’est pas maladroit de ses doigts. Je suis autorisé à me déplacer, mais dois faire attention à ne pas trop solliciter mon bras gauche.

Arthur et moi-même nous rendons tout d’abord à l’ambassade de Turquie, et n’hésitons pas à solliciter un entretien avec l’ambassadeur en personne. La dame à l’accueil accepte de nous orienter vers M. Mustapha Coprolu, le secrétaire particulier de l’ambassadeur qu’elle dit être en déplacement.

Nous expliquons notre mésaventure à M. Coprolu: agresseurs turcs, les 3 Mehmet Makryat, la mosquée désertée de Constantinople… mais nous n’obtenons pas grand chose de la part de ce fonctionnaire: l’adresse de la boutique de l’antiquaire à Brophy Lane, les passeports des autres Makryat qui sont des faux, il ne sait rien de la prétendue « mosquée désertée ». Nous décidons de prendre congé pour aller faire nos recherches au British Museum.

Nous retrouvons Anselme qui a obtenu, entretemps, la responsabilité de sa nouvelle rubrique et qui pourra ainsi continuer d’exercer pour le Times durant notre « aventure de l’Orient Express ».

La dame à l’accueil du British Museum exige que nous montrions des autorisations pour aller faire nos recherches. Persuadé qu’à Londres on apprécie le cinéma, je tente de la convaincre que mes recherches sont de la plus grande importance en jouant de l’influence que pourrait donner la renommée mondiale de ma sœur… [échec critique]… je dois faire comme si je ne connaissais pas mes amis pour éviter que tous se retrouvent illico presto à la porte de la bibliothèque, tout comme moi! Heureusement, Arthur arrive à convaincre cette dame qu’il ne faut pas qu’elle soit si sévère avec moi qui me trouve actuellement sous l’influence de médicaments. Elle accepte, toute charmée. Ahhh, Arthuuur, lit-on dans les yeux de la belle Guenièvre !

Les recherches ne donnent que peu de résultats utiles:
– sur le simulacre de sedefkar: rien, mais il y a des informations concernant un « simulacre du diable » sur lequel la Bibliothèque nationale Paris devrait être une meilleure source.
– sur la mosquée désertée de Constantinople: rien, mais quelques info sur la ville, l’hôtel Papalas de la Compagnie des wagons-lits qui est conseillé, la mosquée Bleue est la plus belle mosquée de la ville et même d’Europe orientale, etc.
– sur le comte Fénalik et d’éventuels recoupements avec le simulacre: implication dans une affaire avec la reine qui amena à l’exécution d’un homme, peut-être le comte lui-même. Pas de descendance connue.

19h, fermeture du British Museum, il est temps de rentrer non sans faire un crochet par le commissariat afin d’y finaliser notre déposition. Les policiers n’ont malheureusement, à ce stade, aucune piste solide. Nous apprenons cependant que l’homme qui s’est jeté par la fenêtre avait ingéré un poison, probablement sous la forme d’une pastille croquée, avant de se défenestrer. Aucun des 4 hommes ne portait de pièce d’identité. Nous obtenons une recommandation pour une compagnie de gardes du corps, à toutes fins utiles, la Jester Corporation.

Retour chez Arthur pour le dîner. Fin de session.Je dispose de quelques contacts dans les ambassades US en Europe, suite à mes nombreux déplacements, que j’informerai par télégramme de notre arrivée et que je solliciterai afin qu’ils fassent quelques recherches préliminaires sur nos affaires.


J’ai envoyé mes télégrammes avant de quitter Londres:
– Télégramme Paris: PRIÈRE FOURNIR INFORMATIONS STOP SIMULACRE/PARCHEMIN SEDEFKAR STOP COMTE FENALIK PARIS STOP RDV AMBASSADE MARDI 10/01 PM STOP CDLT FIN
– Télégramme Rome: PRIERE FOURNIR INFORMATIONS STOP SIMULACRE/PARCHEMIN SEDEFKAR STOP MUSEE TRIESTE WINCKELMANN STOP CASERNEMENTS TROUPES NAPOLEON VENISE ET ALENTOURS STOP COLLECTIONNEURS MILAN OBJETS OCCULTES STOP RDV TRIESTE ARRIVEE ORIENT EXPRESS STOP CDLT FIN
– Télégramme Belgrade: PRIERE FOURNIR INFORMATIONS STOP SIMULACRE/PARCHEMIN SEDEFKAR STOP MUSEE NATIONAL PR TODOROVIC STOP RDV BELGRADE ARRIVEE ORIENT EXPRESS STOP CDLT FIN
– Télégramme Sofia: PRIERE FOURNIR INFORMATIONS STOP SIMULACRE/PARCHEMIN SEDEFKAR STOP RDV SOFIA ARRIVEE ORIENT EXPRESS STOP CDLT FIN
– Télégramme Constantinople: PRIERE FOURNIR INFORMATIONS STOP SIMULACRE/PARCHEMIN SEDEFKAR STOP RDV CONSTANTINOPLE ARRIVEE ORIENT EXPRESS STOP CDLT FIN

Nous avons fait quelques emplettes pour tenir compte des risques que présente notre voyage. Pour ma part: veste de cuir, munitions, grand poignard en plus de mon petit couteau, et un nerf de bœuf. Arthur fait embarquer plusieurs malles d’équipement à bord du dirigeable. Il est accompagné de son domestique Charles et d’un garde du corps très musculeux dénommé Jester.

Nous arrivons en vue de Paris. Une grosse berline avec chauffeur nous attend sur le terrain d’atterrissage pour nous conduire à la capitale. Nous avons tant de bagages que la galerie est pleine.

Arrivée à l’hôtel du Chatelet, luxueux mais discret, où nous sommes reçus en grandes pompes. Un groom nous apporte le plateau de bienvenue dans notre suite louée par Arthur.
Une fois installés, je fais part à mes camarades de mon souhait de me passer par l’ambassade des USA pour une affaire importante… je les rejoindrai là où ils le souhaiteront: rdv place Pigalle ce soir à 19h, Anselme précise devant la sortie du métropolitain.

A l’ambassade, mon point de contact n’est malheureusement pas un homme très coopératif, et un compte rendu s’imposera sans trop tarder vers sa hiérarchie s’il ne change pas de comportement dans les prochains jours.

Je me rends alors à Pigalle. Comme il est encore tôt et que je dispose d’un peu de temps avant le rdv, je muris mon télégramme de compte-rendu d’insatisfaction tout en léchant les vitrines du célèbre quartier parisien.

Projet de télégramme vers les USA que j’adresserai demain d’un poste télégraphique: [IDENTIFICATION] REQUETE FACILITATIONS DE PARIS ROME BELGRADE SOFIA CONSTANTINOPLE STOP BESOIN ATTRIBUTION MISSION OFFICIELLE STOP URGENCE SIGNALEE STOP PARIS HOTEL LE CHATELET JUSQUE [DATE/HEURE] PROCHAINE ESCALE TRIESTE [DATE/HEURE] FIN [SIGNATURE]

19h, j’arrive le 1er sur le lieu du rdv. Mes camardes me rapportent le résultat de leurs recherches débutées à la Bibliothèque nationale de Paris. Regardant alentour, manifestement la fête se prépare et la nuit s’annonce folle! Direction le Moulin Rouge… (ce qu’il s’y passe précisément ne peut être conté ici dans les détails, je me contenterai donc de résumer le résumé). Dîner, cabaret, French Cancan, etc. le tout assis juste devant la scène… en tout cas en début de soirée! Ahhhh

(En vrai, la tentative de passer aux loges des danseuses s’avère être un délicieux échec!!)

Anselme et moi quittons le Moulin Rouge en laissant Arthur profiter de la nuit, à sa façon. Cependant, je rentre tout seul à l’hôtel puisqu’Anselme souhaite se rendre quelque part. Le vin ayant tendance à me faire sombrer dans la somnolence, au moins devrais-je passer une bonne nuit, courte mais bonne quand même.

8h, réception de l’hôtel du Chatelet. Arthur a des petits yeux, il n’a pas dû dormir bien longtemps! Quant à Anselme, son lit n’est même pas défait. Il arrive alors mais, malgré notre insistance, il n’ose pas nous faire part de sa mésaventure: une nuit en chambre de dégrisement! Nous nous mettons en route pour la garde l’Est afin de procéder aux formalités de pré-embarquement.

Formalités accomplies, réservation faite pour 3 cabines contigües, les formulaires de transport d’armes nous sont remis et il faudra les déposer au comptoir vendredi au plus tard… alors que le départ n’aura lieu que lundi 15/01 à 8h30. Les malles devront, elles, être amenées le dimanche.

Nous recherchons un artisan pour acquérir ou faire confectionner une malle à double fond.

Je me rends compte que j’avais failli oublier mon rdv à l’ambassade où je me rends en milieu d’après-midi. William, mon point de contact, est beaucoup mieux disposé aujourd’hui. Il a mis l’un de ses meilleurs chercheurs sur le coup, et me laissera un message à l’hôtel s’il trouve quelque chose. Je rejoins mes amis à la Bibliothèque nationale.

Le jeune homme engagé la veille par Arthur et Anselme, Rémy, nous remet un bref texte sur le comte Fénalik, extrait du journal de Mme de Brienne:
[ADJ_PAR_1] le comte brillait tant dans tout Paris qu’il s’attira la colère de la Reine!

Selon Rémy, c’est à la Bibliothèque de l’Arsenal, à la Bastille, où il y a le plus de chances de trouver des éléments complémentaires. Cependant, nous ne pourrons nous y rendre que demain, rdv avec Rémy vers midi.

Le lendemain Rémy nous apporte en effet des précisions:
– [ADJ_PAR_2] le comte était sacrément dérangé, ses traces partent de sa maison à Poissy, qui fut brûlée, et où une étrange vierge de Nuremberg (sorte de sarcophage, ne pourrait-il pas s’agir du fameux simulacre?) fermée à clé fut découverte et détruite par peur qu’un hère en fût prisonnier. La vierge était cependant vide…
– [ADJ_PAR_3] … à l’asile de Charenton où il fut enfermé sur ordre du roi et où il semble avoir fini ses jours, sans être exécuté, bien qu’il le méritât, parce qu’il faisait partie de la noblesse.

De nouvelles recherches sont confiées à Rémy par Arthur, mais cela devrait prendre plus de temps car il sera peu disponible dans les prochains jours.

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